Atelier SUC AD - Visite virtuelle Andrey Shcherbak, groupe 4
Pendant les mois d'octobre et novembre 2020, nous avons travaillé à l'audiodescription d'images fixes, en explorant le travail d'Andrey Shcherbak. Les participant·e·s à l'atelier ont mené cette activité en groupes, chacun d'eux proposant une visite virtuelle parmi les œuvres mises en ligne par l'artiste. Découvrez sur cette page la visite virtuelle proposée par le groupe 4.
Pour découvrir les autres réalisations des participant·e·s à l'atelier, rendez-vous sur la page principale de ce site.
BERTEAU Lisa, CARUCCI Nicolas, VILLATTE Célia
ANDREY SHCHERBAK, Les Chats, 2015-aujourd'hui.
Connaissez-vous Andrey Shcherbak ? Andrey Shcherbak est un artiste contemporain d'origine russe. Il a immaginé un monde où les chats sont géants. En utilisant le logiciel PhotoShop, le photographe met en scène des chats de toute taille dans des lieux des plus incroyables aux plus anodins : au supermarché, au bord d'un lac, à la maison, sur un canapé, au restaurant.
Il décide donc de créer un univers entier de chats géants, qu'il a matérialisé en créant une page instagram, @odnoboko, où il regroupe 240 images et près de 35 000 followers, sur laquelle on peut retrouver réunies toutes ses créations. Parmi toutes ces oeuvres, nous en avons sélectionné trois pour vous les présenter en détail.
Dans cette sélection de trois images où l'auteur se met en scène, les chats sont représentés de tailles et postures différentes : sur la première image, les deux personnages attendent debout au bord de la route sous la pluie, la deuxième image représente un immense chat bloqué dans un entrepôt, avec seulement la tête qui ressort, et dans la troisième image, l'artiste et le chat se suivent et jouent autour d'un rail de chemin de fer.
TOTORO LE CHAT
Sur cette image, l'artiste, le chat et un chien sont représentés en extérieur devant un bâtiment gris. Sur cet édifice on peut distinguer une grande porte en métal de couleur bleu peacock, des arcs voûtés en pierre, et un petit projecteur luminaire en haut du mur. Le temps est pluvieux, le ciel est couvert, gris clair. L'image en elle-même est assez terne, les couleurs sont assez sombres et grisâtres.
Sur la gauche, aux côtés du chat géant, l'artiste est debout, il tient un parapluie rouge au-dessus de sa tête avec sa main droite, et de l'autre la laisse de son chien : un labrador, assis sagement à ses pieds. L'homme a la tête baissé, regarde son chien, tandis que ce dernier a la tête levée vers le chat.
Cet immense chat fait la taille du bâtiment. Il est assis face à nous et regarde l'objectif. Il est trempé par la pluie, ses poils sont ébouriffés on peut même dire hérissés. Le pelage de l'animal est bicolore, brun sur la majeure partie de son corps et crème sur le ventre, le centre du visage et l'intérieur des oreilles. Ses yeux bleus rappellent la couleur de la porte située derrière lui.
Tous les personnages ont l'air dans l'attente sur ce trottoir au bord de la route. Malgré la taille titanesque du chat, notre regard se retrouve attiré par la seule couleur vive : le rouge du parapluie. Notre vision va principalement se diriger sur cet objet, puis va se déplacer sur l'homme, ensuite le chien et finir sur le chat. Notre attention se porte sur l'échange visuelle entre les différents personnages qui s'observent les uns des autres jusqu'au chat qui nous regarde nous. Ce regard nous donne donc le sentiment d'être avec eux, ou bien sur le trottoir d'en face.
Pour finir, nous pouvons faire une comparaison de cette photographie à l'image extraite de Mon Voisin Totoro, un film d'animation japonaise réalisé par Hayao Miyazaki en 1988. Une image assez connue de ce film représente deux petites filles qui attendent en tenant un parapluie rouge, au bord de la route aux côtés de leur ami Totoro, une créature fantastique.
ALICE LE CHAT
Sur cette image sont représentés un grand entrepôt, l'artiste et un chat. Le ciel est bleu, le bâtiment prend presque tout le cadre, il est haut d'environ cinq mètres, avec en son centre une grande porte vitrée, haute de trois mètres environ. L’entrepôt est en brique orange sur toute la hauteur mais des pierres noires habillent également le bâtiment sur le bas des murs. Devant ce bâtiment délabré, Andrey Shcherbak prend la pause. Il est habillé entièrement de noir, il se fond donc dans le décor. Le personnage se trouve au centre de l'image. Juste derrière lui, sur la droite de l'image, la grande porte est ouverte. L'immense chat tente de sortir la tête et les pattes de la porte. Il semble être bloqué à l'intérieur. On ne voit pas son corps, mais on sait qu'il est immense car sa tête seule fait la taille de l'ouverture de la double porte. Le chat a le pelage noir, marron et crème, tigré. Le chat a le regard en l'air, les pattes en avant devant le visage, et la bouche entrouverte. Si on devait interpréter cette émotion, on peut penser que le chat regarde de bas comme s'il savait qu'il avait fait une bêtise, qui est de s'être coincé dans un entrepôt trop petit pour sa taille, et qu'il avait besoin d'aide sans oser en réclamer. Il a l'air plutôt calme, tranquille, tout comme Andrey. Pour finir, nous pouvons mettre en commun cette image de Andrey Shcherbak avec la scène extraite du dessin animé Disney Alice au Pays des Merveilles. Dans une scène, Alice se retrouve coincée dans une maison après avoir trop mangé de gâteau qui fait grandir, du gigacake. Ses bras et ses jambes ressortent par les fenêtres et les portes, et la tête est visible par la grande fenêtre principale. Sur le visage d'Alice peuvent se lire de la surprise et de la peur. L'image de Disney et l'oeuvre de l'artiste russe sont donc très similaires, bien que certains détails et certaines émotions sont divergentes.
ARISTO-grand-JATT
Sur cette image sont représentés un chat, l'artiste lui-même, et un chemin de fer. L'image est plutôt sombre : le ciel est gris, les arbres sont vidés de leurs feuilles, et le sol est rempli de ballast, cette pierre grise présente avec les rails. L’image est traversé par deux chemin de fer qui viennent d’en haut à gauche de l’image et partent en bas à droite, la personne qui prend la photo semble être sur les rails.
Au-dessus des chemins de fer sont tirés des fils électriques rattachés à de grands poteaux gris. Sur le devant de l'image, l'artiste, habillé sombrement d'un pantalon d’un bonnet noir, ainsi que d’une doudoune bleu, tente de marcher en équilibre sur un des rails du train, pour cela il s’aide de ses bras. Derrière lui, un gros chat roux le suit. Il attire l'attention de par sa couleur qui le fait ressortir du cadre terne. Le chat est sur quatre pattes, et il fait bien deux fois la hauteur l’artiste, son imposante taille est aussi dû à sa longueur. Sa queue redressée en l'air donne également de l'importance à l’animal, elle atteint quasiment les câbles électriques tendus au-dessus des rails, cela pourrait presque nous inquiète pour lui.
Pour finir, cette œuvre d'Andrey Shcherbak peut rappeler la scène du film d'animation Disney Les Aristochats, réalisé en 1970. en effet, dans le dessin animé, durant le long périple de cette famille de chats, les trois chatons se retrouvent à traverser un pont ou il y a un des rails de trains. Les trois chatons jouent donc les locomotives en se suivant les uns derrière les autres à la file indienne sur le rail de la voix de fer.
Les deux images représentent des personnages suivant un chemin de fer, ou il y a des gros poteaux électriques à côté du rail, avec un temps sombre et une ambiance bizarre. Hormis le décor, la joie enfantine de ce jeu innocent est également représenté dans l'œuvre, à travers l'artiste lui-même qui s'y est représenté : le mouvement de ses bras et la joie de son visage peuvent remémorer le souvenir d'un plaisir enfantin.
Conclusion
afin de conclure, nous pouvons dire que l'artiste invente son propre univers, un univers où les chats sont géants. Et dans cet univers, on peut y distinguer plusieurs catégories, par exemple ici, nous avons décrit des œuvres qui sont en fait des citations à d'autres œuvres cinématographiques, mais d'autres collections peuvent être perceptibles dans les œuvres de cet artiste.